Une première étape dans les négociations
Durant plus de sept heures, le ministre et les syndicats présents (Sgen-CFDT, Sup’recherche Unsa et Autonome Sup) sont « repartis de zéro » selon les souhaits de l’Elysée en redéfinissant les critères d’évaluation et de modulations des services des enseignants-chercheurs en prenant soin de gommer tous les points qui étaient à la source du mouvement de contestation. Dans la version précédente du texte, les présidents d’université pouvaient contraindre les enseignants-chercheurs à effectuer davantage d’heures d’enseignement en cas de mauvais résultats en recherche. Désormais, ils ne pourront plus ; aucune heure supplémentaire ne pourra leur être attribuée sans leur consentement. L’évaluation, quant à elle, devient nationale et effectuée par les pairs, comme l’avait préconisé le député (UMP) Daniel Fasquelle sur la base des revendications syndicales.
En revanche, au sujet des promotions, le débat est encore ouvert pour déterminer qui, des universités ou du Conseil National des Universités, en décidera. Un débat qui aura lieu mardi 2 mars lors d’une nouvelle réunion au ministère. Si les syndicats présents ont constaté "des avancées" , "une certaine ouverture", et s’en sont montré satisfaits, ils maintiennent l’appel national à manifester jeudi 5 mars pour obtenir l’élargissement des négociations à la restructuration des organismes de recherche, à la réforme des concours d’entrée à l’enseignement et au plan pluriannuel d’emploi. Le gouvernement n’a pas encore évoqué ces sujets mais il a promis des "annonces rapides" , attendues impatiemment par tous et surtout par le Snesup-FSU, le syndicat majoritaire, qui boycotte les réunions au ministère pour la même raison. Les négociations semblent donc bien amorcées par un gouvernement que l’on sent au pied du mur et qui semble ne pas vouloir voir la mobilisation prendre de l’ampleur.
La CNE en veut plus, beaucoup plus…
Mais tous ne se réjouissent pas de se revirement gouvernemental. La Coordination Nationale Etudiante, en particulier, qui se réunnissait ce week-end à Angers. Les 155 délégués de 57 universités ont voté une nouvelle fois la reconduction du mouvement contestataire, exigé le retrait de toutes les réformes en cours, demandé l’abrogation de la loi LRU et ont appelé à la manifestation les 5 et 10 mars prochains. Pour Nicolas Bescond, le porte-parole des étudiants, les annonces gouvernementales sont "des leurres d’un gouvernement qui a peur qui visent à diviser le mouvement". Un avis plus ferme qui ne fédère pas toutes les parties notamment les présidents d’université qui se disent inquiets.
Un avis qui tranche aussi avec la volonté globale des enseignants-chercheurs de profiter du recul du gouvernement pour lancer des négociations générales. Même si le Snesup-FSU n’a pas encore rejoint la table des négociations et malgré l’animosité qui règne chez les étudiants, on semble pouvoir espérer se diriger vers une sortie de crise par le haut. Après un recul gouvernemental, encore inespéré la semaine dernière, il semblerait illogique que le mouvement prenne de l’ampleur au fil des négociations, si ltoutefois e gouvernement les ouvre aux autres sujets de désaccord, ce qui semblerait être le cas.
Une réunion est déjà prévue jeudi 5 mars pour débattre de la réforme des concours d’entrée à l’enseignement avec Xavier Darcos dont l’attitude sera déterminante dans les négociations à venir. Car aujourd’hui, après un mois de mobilisation, le gouvernement semble être le seul à pouvoir empêcher la crise universitaire de prendre fin.
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Article publié sur Contrepoint.info
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